Alban THURY est le président d’Opto Services du mandat 2017-2018. À sa sortie de l’Institut d’Optique Graduate School, il a intégré EY, dans un graduate program, en tant qu’auditeur financier et est maintenant Senior en Transaction Services dans la même firme. Il nous raconte son parcours.

Comment et pourquoi es-tu devenu auditeur puis conseiller financier après une école d’ingénieur spécialisée en optique ?

Je me suis rendu compte, au milieu de mon cursus, que je ne me voyais pas faire ma carrière dans l’optique. En deuxième année, j’ai intégré la Filière Innovation-Entrepreneur (FIE) de l’école et cela a confirmé que l’ingénierie technique n’était pas fait pour moi. J’ai pris un peu de recul pour voir ce qui m’a le plus stimulé durant mon cursus, et c’était Opto Services. J’ai adoré la partie business, la relation client, la gestion d’équipe, etc. De plus, j’ai beaucoup entendu parler d’EY à travers des présentations lors des évènements du mouvement, mais aussi à travers des ami.e.s qui ont fait un stage de césure dans la firme. La présentation disait que, chez EY, on travaille tout le temps en équipe, on en change souvent, il y a de la relation client, on est très vite autonome, on gère rapidement des équipes, etc. Et après trois ans chez EY, je peux confirmer que c’est totalement vrai. Cet aspect m’avait tout de suite beaucoup plu. Aussi, la finance était un monde qui me plaisait beaucoup, même si à l’époque je ne savais pas exactement quoi mettre derrière ce terme. D’ailleurs, j’avais l’ambition d’intégrer le double diplôme entre l’Institut d’Optique Graduate School et HEC, mais cela ne s’est finalement pas fait. Il me fallait donc une autre passerelle vers la finance et EY me paraissait une bonne solution. Et, après coup, si c’était à refaire je ne ferais pas de double diplôme et je ferais exactement la même chose, parce que, déjà, je ne rentre pas dans le monde du travail avec un prêt à rembourser, et au contraire je gagne bien ma vie et j’ai énormément appris en peu de temps.

En quoi consiste le métier d’auditeur financier?

L’audit financier consiste à revoir les états financiers des sociétés. Quand une société dépasse certains critères (sur le chiffre d’affaires et le nombre d’employés notamment), se faire auditer devient une obligation légale pour elle. Cela veut dire qu’un cabinet totalement indépendant de la société vient vérifier les comptes. Ainsi l’audit, aussi appelé commissariat aux comptes, correspond à la validation de la conformité des comptes d’une entreprise. Le commissaire aux comptes émet un rapport certifiant, entre autres, le chiffre d’affaires, les charges, les résultats ainsi que les actifs et passifs du bilan. Ce processus comprend plusieurs phases et s’étale sur l’année. La première étape est une revue des process qui dépend de plusieurs facteurs tels que le secteur de l’entreprise, sa taille, son organisation interne ou encore la situation économique actuelle de celle-ci. Ceci permet, par la suite, une évaluation des risques. Par exemple, le déroulé ne sera pas le même entre une boîte dont les comptes sont totalement gérés informatiquement et une dont les comptes sont faits en grande partie manuellement par les comptables. Il y a beaucoup moins de risques dans le premier cas. Enfin, l’auditeur.rice effectue des travaux sur les comptes finaux, c’est-à-dire les comptes de fin d’année, pour s’assurer que les montants sont bons, qu’ils sont présentés au bon endroit dans les états financiers, que l’information présentée suffit à donner une image fidèle de la société etc.

En quoi consiste le métier de Senior en Transaction Services ?

Chez EY, et dans tous les cabinets des Big Four, on retrouve deux grandes parties : l’audit et le conseil. On ne doit d’ailleurs pas conseiller une boîte que l’on audite et inversement. C’est pourquoi ce sont deux services différents dans les cabinets. J’ai été auditeur pendant deux ans, puis j’ai rejoint la partie conseil il y a de cela un an. Il y a différents types de conseil : financier, en stratégie, juridique, fiscal, légal, en ressources humaines, IT et j’en passe. Pour ma part, je suis dans le conseil financier et mon travail consiste à rédiger des « due diligences », donc des rapports, dans le cadre de fusions ou d’acquisitions. Je suis rattaché au process de M&A (Mergers and Acquisitions) et je participe à la partie financière d’un deal. On est soit du côté de celui qui veut vendre sa boîte, soit du côté de celui qui veut en acheter une. Dans les deux cas, on fait à peu près la même chose mais avec une approche différente. L’objectif de mon travail est de faire un état des lieux le plus objectif possible de l’entreprise. Cela se décompose en plusieurs parties, telles que : une revue des performances historiques de celle-ci (qu’est-ce que vend la boîte ? comment son chiffre d’affaires est-il généré ? quels types de charges porte-t-elle ? quels facteurs sont à l’origine de l’augmentation de la marge ? …), une revue du business plan et donner les principaux agrégats financiers normalisés qui vont servir par la suite à valoriser la boîte (fixer son prix de vente ou d’achat). Ce n’est pas nous qui fixons le prix, mais on donne les clés pour que le conseil en stratégie ou la banque d’affaires puisse l’établir.

Quel est la différence entre tes deux premières expériences ?

En entrant chez EY, j’ai intégré le programme Challenge, qui est le graduate program d’EY. Il s’agit d’un programme particulier qui dure deux ans et où l’on change de services tous les six mois, en effectuant 2 des 4 rotations en audit. Du fait du Covid, j’ai réalisé 3 rotations en audit et la dernière en Transaction Services (TS). Cela m’a permis d’être Senior en Audit puis Senior en Transaction Services (TS) durant la même année. Ce dernier service m’a énormément plu et j’y suis donc resté après avoir demandé mon transfert définitif. Contrairement à l’audit, qui compte plus de quatre milles employé.e.s en France, nous sommes beaucoup moins en TS. On est environ 200 dans le pays et on est redivisé en groupes d’une quarantaine ce qui donne l’impression de travailler dans une plus petite boîte. Tout le monde se connaît, on se tutoie tous et j’ai tout de suite adoré cette ambiance très conviviale. De plus, on ne bouge pas beaucoup. En audit, on a beaucoup de déplacements, ce qui peut avoir des bons comme des mauvais côtés. À côté de cela, TS peut ouvrir des portes vers les banques d’affaires et le conseil en stratégie, ce que je n’aurais pas pu faire directement avec l’audit. Pour l’instant, je me plais énormément en TS et je compte y rester pendant encore quelques temps.

Retournons un peu en arrière. Quel était ton ambition en rejoignant Opto services ?

En début de première année, quand on nous présentait les associations, j’ai vu celle de la Junior Entreprise et tout de suite je me suis dit : « Okay ! C’est celle que j’ai envie de faire ! ». Ce qui m’avait attiré, c’était le côté professionnel : il y a des problématiques d’entreprises et on interagit avec de véritables client.e.s. Cela permettait de mettre déjà un pied dans le monde professionnel et j’ai beaucoup aimé gérer des équipes et des projets. C’est pour ça que j’ai postulé au poste de président et j’ai finalement été choisi. Je n’ai rien regretté car ça a été, de loin, la meilleure expérience que j’ai eue à l’école et j’en ai gardé de super souvenirs et de super ami.e.s ! Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter.

Ton expérience à Opto Services t’a-t-elle été utile lors de ton entrée à EY ?

EY est un partenaire premium de la CNJE (Confédération Nationale des Junior Entreprises). De ce fait, c’est en effet une expérience très appréciée quand tu postules chez EY. De plus, la Junior Entreprise s’apparente à un petit cabinet où tous les rôles sont importants : il faut générer du chiffre d’affaires et suivre les missions via les chef.fe.s de projet, les responsables qualité et les intervenants, tenir et vérifier les comptes via le ou la trésorier.ère et le ou la comptable, trouver des client.e.s, via la communication, le développement commercial et le site internet et donc le ou la DSI, le tout chapeauté par le bureau qui gère l’ensemble et l’équipe. Le monde du travail a un fonctionnement similaire, ce qui fait de la JE une expérience très formatrice, quel que soit ton poste au sein de celle-ci.

Quels sont les moments qui t’ont le plus marqué lors de ton mandat ?

J’ai beaucoup de bons souvenirs de mon mandat à Opto Services ! Tout d’abord, les congrès sont dans le top des plus beaux moments. Je me rappelle quand on était partis en Normandie et à Vittel pour les congrès nationaux d’été et d’hiver. Ça faisait plaisir d’aller en week-end avec ces ami.e.s et de suivre des formations permettant d’améliorer les processus au sein de sa JE. La relation client était également un aspect qui me plaisait énormément. Je me souviens de mon tout premier entretien client où j’accompagnais la présidente du mandat sortant. J’en suis sorti à la fois émerveillé par son aisance mais aussi un peu paniqué en me disant : « Comment elle arrive à faire ça ? Je ne vais jamais pouvoir faire la même chose ». Mais j’ai appris énormément par la suite et en arrivant en junior chez EY, lorsqu’on me disait qu’il fallait faire un point avec le client, je partais sans hésitation parce que j’étais déjà habitué. Il y a également une étude qui m’a particulièrement marqué. C’était une étude sur un projet en cours de dépôt de brevet. Un entrepreneur est venu à nous avec son idée, que j’ai trouvé incroyable, et il souhaitait l’aide de la JE sur la partie technique de son prototype. Il avait tenté de faire appel un cabinet de conseil pour développer son produit mais cela s’était avéré être trop cher donc il a fait appel à la JE. Ça lui a permis d’avancer sur son projet et il était très agréablement surpris et content de la qualité du travail fourni par notre équipe. Ça m’a vraiment montré l’impact positif qu’Opto Services peut avoir pour ses client.e.s.

Quels conseils donnerais-tu aux futur.e.s diplômé.e.s?

En premier, il faut tenir bon, parce que ce n’est pas une école facile mais le diplôme d’ingénieur a une valeur qu’on ne soupçonne pas forcément et qui permet d’ouvrir des portes dans de nombreux secteurs. De plus, ce n’est pas parce qu’on est dans une école spécialisée que l’on va avoir cette spécialité toute notre vie. J’en suis la preuve : je sors d’une école d’ingénierie en optique et je suis dans l’audit et le conseil financier. Cependant, lorsque je dois présenter mon parcours, je suis toujours fier de dire que j’ai fait une école d’ingénieur car la formation est très reconnue, les ingénieur.e.s étant reconnus pour leur démarche scientifique, leur capacité de raisonnement et leur façon d’aborder un problème. En second lieu, un double diplôme n’est pas toujours nécessaire pour se réorienter. Je m’étais dit qu’il m’en fallait absolument mais ce n’est pas toujours obligé. Enfin, il faut profiter au maximum de la vie étudiante et de la vie associative qui, à mon sens, compte pour beaucoup dans la valeur du diplôme. Quand on entre en entreprise, les compétences acquises à travers la vie associative vont beaucoup servir.